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Vincent MAURIN

Mot clé - urbanisme

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Euratlantique...

''La presse a amplement relayé l'unanimité qui règne autour du projet Euratlantique, Opération d'intérêt national, sur les territoires de Bordeaux sud, Floirac et Bègles. Les journalistes ont simplement omis de noter la position des élus communistes... pourtant les seuls à apporter un bémol à l'angélisme accompagnant ce projet... jusqu'à s'y opposer !
Voici donc ici le texte de la tribune que nous venons de livrer à Bordeaux Magazine'':

EURATLANTIQUE… nous sommes sceptiques !

En cohérence avec le positionnement du groupe communiste de la CUB, nous nous opposons au projet Euratlantique (Opération d’Intérêt National) tel que défini aujourd’hui.

Pour 4 raisons principales :

1- Le projet n’appréhende pas suffisamment, selon nous, l’ensemble de la problématique des déplacements-transports liée d’une part à l’arrivée de la LGV, et le flot des 20 millions de passagers attendus ; et d’autre part, à l’apport de 30 000 habitants supplémentaires. Les emprises SNCF sont fortement réduites, le frêt ferroviaire, à l’image du site d’Hourcade est sacrifié. La ligne de ceinture SNCF est à peine évoquée et il n’est plus fait référence à son bouclage via Cenon et le pont Bacalan Bastide (tram-train). L’apport du fleuve comme nouveau vecteur de déplacements et transports durables passé sous silence.

2- Le logement locatif social ne va représenter que 25% de la production globale de logements (10% locatif intermédiaire). L’annonce de 55% de logement social va donc dépendre de la faisabilité ou pas des projets d’accession sociale à la propriété (20% espérés). Or on sait que le gouvernement veut revenir sur ce dispositif, trop coûteux dans une France et une Europe obnubilée par la réduction de la dépense publique. On risque donc d’être loin des préconisations du Programme Local de l’Habitat de la CUB qui demande de doubler l’effort en faveur du logement pour tous. Belcier, Vernet, JJ Bosc, Bègles… des quartiers populaires qui ne seront plus accessibles à tous demain ?

3- La volonté de diversité économique reste à prouver. Pour l’instant, on sait que le centre international d’affaires est attendu (on peut craindre qu’il s’agira plus de délocalisations de sièges d’entreprises que de créations nettes d’emplois) mais on ne voit pas poindre de nouveaux projets économiques liés au Marché d’Intérêt National, au transport fluvial, ou à la maintenance ferroviaire, secteurs d’activités qui pourraient s’intégrer pleinement à l’OIN, compte tenu de sa configuration géographique. Cette partie sud de l’agglomération mériterait pourtant d’explorer de nouvelles pistes de développement économique liées aux infrastructures de transports (sur rail et fleuve).

4- Enfin, la démocratie reste à gagner. Le droit du sol du périmètre Euratlantique de chacune des 3 communes est transféré à l’OIN… Le Maire de Bordeaux, probable pdt de l’OIN, décidera-t-il pour Bègles et Floirac ? Prémices d’une métropolisation au détriment des communes ? Quid de la concertation avec les associations, syndicats, citoyens ? Le projet, et les sommes en jeu, ne sont-ils pas suffisamment importants pour que soit mise en place une structure consultative, voire délibérative, de type Conseil économique et social ?

La messe n’est pas dite. L’intervention citoyenne peut encore peser sur le projet… Nous en serons !

 

Bordeaux-nord convoité...

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La biennale d'architecture Agora, les 7,8,9 mai dernier, a permis à de nombreux habitants de Bordeaux et CUB de découvrir les Bassins à flot.
Site qui fait l'objet d'un vaste projet piloté par Nicolas Michelin.
Voici les réponses aux questions posées par un collaborateur du service aménagement de la Ville:

1) En tant que directeur d’école quel regard portez-vous sur le paysage économique et social de Bacalan aujourd’hui ? sur la vitalité culturelle du quartier ?

Bacalan fait partie des 7 quartiers prioritaires de Bordeaux au titre de la politique de la ville. Ce classement est justifié, selon moi, par trois indicateurs principaux: le taux de chômage deux fois supérieur au taux moyen de la ville, la forte présence de deux communautés de gens du voyage paupérisées et un échec scolaire lourd pour une partie des élèves. Bacalan garde toutefois ses traditions d’engagements associatifs et politiques. Au plan culturel, il y a un réel bouillonnement militant. « Mascaret » incarne cette recherche de culture partagée.

2) Comment avez-vous vécu l’évolution économique de Bacalan, marquée par une vague de désindustrialisation ?
Les années 80 furent terribles pour Bacalan. Je me souviens de la mobilisation de tout le quartier contre la fermeture de la raffinerie de sucre rue Achard en 1984. A cette époque, au plan national, comme local, tous les responsables politiques, à part les communistes, se résignaient à la désindustrialisation. La rue « bleue » de Bacalan (rue Achard, couleur des bleus de travail des ouvriers du port, des docks, de la raffinerie, des tabacs, des chais, de la métallurgie) n’était plus que nostalgie. Aujourd’hui, les implantations de bureaux ne répondent pas au besoin de travail de la majorité des jeunes du quartier. Je le regrette.

3) Parlez-nous de votre attachement à ce quartier.

J’ai la chance d’habiter, de travailler et de militer à Bacalan. Mon fils est à l’école Charles Martin, son frère et sa sœur ont fréquenté Achard et Blanqui. Je m’y sens bien. C’est un « vrai » quartier. Les gens se connaissent. Il y a une vie associative riche. Des équipements acquis de haute lutte, comme la salle polyvalente Pierre Tachou. De la solidarité. Un esprit rebelle et anticonformiste qui n’est pas étranger à mon élection comme élu communiste à la Mairie. Et en même temps, plein de défis à relever… pour la réussite scolaire, l’accès au logement, l’emploi, les services publics… Pas le temps de s’ennuyer !

4) Comment imaginez-vous le Bacalan de demain ?

Il sera un compromis entre visées d’experts, appétit des promoteurs, pragmatisme des politiques et mobilisations citoyennes. Pour avoir refusé de voter le projet Grumbach condamnant la grande écluse des Bassins à flot et mené la bataille publique pour la desserte de Bacalan par le tramway, j’ai plus confiance au « génie » citoyen qu’au concept bobo de défense du « génie » du lieu (d’ailleurs dans le cahier des charges des projets). Demain, l’enjeu pour Bacalan sera sa capacité à résister ou pas à une urbanisation « excluante ». Il faut que les enfants du quartier puissent demain habiter à Bacalan !

5) Qu’attendez-vous du projet d’aménagement de Nicolas Michelin ?

Une vraie mixité économique et sociale. Par des Bassins mieux intégrés au port, animés par des bateaux et de la réparation navale plus que par des guinguettes. La modernisation de l’usine Lesieur. Des logements accessibles à tous, et donc du logement locatif à loyer modéré à parité avec le logement privé. La desserte par tram-train de la rue Lucien Faure vers St Louis et Cenon. Des services petite enfance, scolaires, vie associative adaptés aux 5400 logements. Bref, un concept de quartier « durable », non pas seulement par les innovations de protection environnementale, mais par un nouveau label de « quartier pour tous ». Lieu « génial » ? Faisons tout pour !

Vincent Maurin

 

Rennes... Bordeaux... CUB... logement en défi..!

Je viens de participer à une mission avec la Communauté urbaine de Bordeaux à Rennes Métropole. Il s’agissait de découvrir les réalisations urbaines de cette agglomération et comprendre leurs logiques. Au moment où, sur la CUB, les élus s’interrogent sur la mise en place de programmes permettant de remplir les objectifs du PLH (programme local de l’habitat), dans le cadre du PLU (plan local d’urbanisme) et du SCOT (schéma de cohérence territoriale), connaître l’expérience d’une autre métropole, qui plus est reconnue pour ses efforts en la matière, semblait utile à notre réflexion...
J'ai rencontré un personnage passionnant, Jean Yves Chapuis, vice pdt de Rennes Métropole, chargé des "formes urbaines", interrogé ci-dessous par Sud Ouest...

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