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Vincent MAURIN

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Juppé l'ultralibéral !

Le conseil municipal de lundi fut consacré essentiellement au débat budgétaire (voir billet hier). Mais d’autres délibérations importantes ont permis de vérifier (mais qui en doute vraiment ?) que la majorité municipale UMP revendique et assume ses choix de droite…

Cité municipale : Il s’agissait de valider le contrat de partenariat « Public-Privé » pour un bâtiment de 20 000 m² (architecte Andreu) sur le site de Mériadeck, destiné à recevoir 850 salariés de la ville, pour un coût de 50 millions d’euros. Sans mettre en cause le bienfondé du projet, notre groupe a contesté le montage financier en PPP avec le groupe Bouygues. Contre la livraison de la commande publique aux appétits financiers du privé, nous avons milité pour une opération en MOP (maîtrise d’ouvrage publique). Nous avons repris l’intervention déjà formulée pour dénoncer le montage financier du Gd Stade de Bx-Lac, et parue ce mois-ci dans la tribune libre du journal municipal « Bordeaux Magazine ». Voir : http://www.vincentmaurin.fr/2011/11/10/partenariat-public-prive-cest-non/.

Charte européenne de vidéo-protection : Nous avons rappelé notre opposition au principe liberticide de vidéo-surveillance et du développement des caméras dans la ville. Avons contesté leur efficacité et leur coût. Avons rappelé notre préférence aux mesures de prévention basées sur une présence humaine plus soutenue. Partageons toute mesure visant à renforcer le contrôle éthique de ce système.

Crèche Mirassou déléguée au Privé :
La majorité municipale avait décidé le 2 mai de déléguer la gestion de cette crèche municipale, rue Mirassou, à un prestataire associatif ou privé. C’est la société privée Babilou qui a emporté le marché parmi les six candidats. Nous avons rappelé que « l’accueil de la petite enfance ne peut faire l’objet de concurrence et d’objectifs lucratifs. La ville doit rester maîtresse de sa compétence, avec son personnel municipal statutaire, qualifié, expert dans son domaine. » Nous contestons la volonté du Maire de placer désormais en Délégation de service public (DSP) toutes les nouvelles structures municipales de petite enfance.

Subvention aux écoles privées : C’est à marche forcée, que le Maire favorise l’école privée sur la ville. Cette année, la subvention municipale par élève augmente de 8 ,5 % ! Nous avons rappelé que la loi n’imposait pas l’aide aux élèves d’école maternelle, or Bordeaux les prend en charge. Et avons jugé indécente une telle faveur au privé au moment où l’école publique est malmenée par l’Etat et quand la Ville « décide d’y geler ses dépenses de fonctionnement pour les fournitures scolaires, les classes découvertes et les déplacements ».

Archives municipales : Les investissements municipaux structurels pour la culture sont si rares, qu’il faut se féliciter de la réalisation des nouvelles archives sur le site Bastide Niel. Nous appuyons notamment le choix de création en leur sein d’une « salle dédiée à des animations et conférences largement ouvertes au public ».

Contrat urbain de cohésion sociale : Ce CUCS concerne les 7 quartiers « prioritaires » de la Ville. Ceux qui concentrent les plus grandes difficultés sociales, conséquences de choix économiques et urbains inégalitaires. Outre que la Ville se voit contrainte de corriger les effets d’une crise capitaliste qui paupérise davantage les populations, quand l’Etat se désengage de ses responsabilités, nous avons insisté sur les enjeux sociaux à ne pas simplement « accrocher » les nouvelles opérations urbaines du Lac, Bastide, Bacalan, Belcier, St Michel, Gd Parc… aux anciens quartiers dégradés, mais de parler plutôt de « liens » à renforcer. Nous avons insisté sur les enjeux de « mixité scolaire ». Nous avons pris l’exemple du nouveau collège de Bruges Le Tasta qui accueillera et les nouvelles populations des projets urbains Tasta et Ginko et une partie des élèves des Aubiers.

Mécénat en faveur de la biennale d’architecture Agora : 23 sociétés vont soustraire de leurs bénéfices imposables 475 000 euros par leurs dons à Agora 2012. En échange, la Ville leur dédiera des espaces de conférence et débats… Encore une privatisation de l’espace public ! Notre groupe fut, une nouvelle fois, le seul à s’opposer au mécénat culturel.

Réseau de chaleur des Bassins à flot : Ce réseau aura pour opérateur la société Mixener, filiale de REGAZ, Gaz de Bx. Nous avons profité de cette délibération pour interpeler le Maire sur l’avenir de Gaz de Bx. En lui demandant « une communication lors du prochain conseil municipal évoquant la stratégie économique de Régaz Gaz de Bx, sa politique tarifaire, son dialogue social ».

Tableau des effectifs de la Ville : Nous nous sommes abstenus parce qu’il n’évolue pas en proportion de l’augmentation de la population bordelaise et que, bien qu’en diminution, persistent la précarité et le temps partiel imposé, notamment dans les écoles. De plus, les nouvelles formes de prise en charge de la sécurité de voie publique devant les écoles par des agents volontaires recrutés en contrat de 17h30 semaine, posent questions.

Promenade Martin Luther King : C’est le nom attribué au chemin longeant le Parc des sports de St Michel. Nous nous sommes félicités de cet hommage au père des droits civiques américains. Nous avons rappelé notre « demande qu’une artère ou édifice public de la ville porte le nom de Nelson Mandela, dont on fêtera en 2013, le 20ème anniversaire de l’attribution du Prix Nobel de la Paix« . Ainsi que pour Roger Lafosse, créateur de SIGMA.

 

Vous avez dit social ?

Ci-dessous notre tribune libre dans le journal municipal de décembre (voir ici ):

Vous avez dit social ? L’actualité récente a donné l’occasion à la majorité municipale de Bordeaux de tenter de « prendre la main » sur la question sociale. La Ville s’affi che obnubilée par la mixité sociale et le retour des familles modestes en centre-ville. Mais c’est faux ! Les faits sont têtus… La part du logement social sur Bordeaux ne décolle pas et plafonne à 15 %. Et ce pour trois raisons : - La production de logements privés a été plus importante que le logement conventionné, notamment grâce aux opérations défi scalisées De Robien/Cellier. - Les ZAC bordelaises ont minoré le logement social. Chartrons, Bonnac, Coeur de Bastide… ont moins de 15 % de logements conventionnés (hors logement étudiant), sans PLUS (logements vraiment accessibles à tous). Et si le Maire n’est pas plus audacieux dans les opérations à venir (St Jean, Niel, Lac, Bassins à fl ot) en portant à 40 % la part du logement social, la maîtrise publique profi tera encore aux promoteurs privés ! - La restructuration du centre historique a, dès le départ, affi ché une ambition limitée en termes de mise sur le marché de logements locatifs publics et peine à démontrer un retour effectif de populations à revenus modestes. Aussi, aujourd’hui, les déclarations de principe du Maire et les efforts louables de quelques conseillers municipaux de sa majorité ont le mérite d’exister mais se heurtent au péché originel d’une droite qui, de l’Europe, au gouvernement français, n’a pas vocation à promouvoir l’égalité et le progrès social. C’est pourquoi nous sommes très réservés sur le projet social de la Ville, tant l’échec du Maire dans ce domaine est patent. C’est d’ailleurs cette question qui recueillait le plus mauvais indice de satisfaction des Bordelais interrogés il y a quelques mois par la Mairie, dans un sondage plébiscite au service de l’image du Maire. Et oui, majorité municipale, il vous faut assumer les responsabilités d’un libéralisme qui fabrique toujours plus de pauvres, promeut la concurrence et excuse ses ravages sociaux, démantèle les systèmes solidaires nés du Conseil national de la Résistance comme la Sécu, les retraites, le service public ! Une fi scalité qui exonère les plus hauts revenus mais ponctionne les plus faibles… Il vous faut aussi assumer les choix stratégiques portés vers une ambition économique bordelaise « petit bras » qui se refuse à tout projet industriel moderne, tourne le dos à son fl euve et se contente de sacraliser la TPE (toute petite entreprise). Tout cela dans un contexte local marqué par un budget du CCAS qui stagne, des listes d’attente énormes pour les crèches, un service public municipal altéré par le dogme de la réduction de l’emploi statutaire... Bref, pas de quoi pavoiser... mais peut-être faire suivre discours et forum... d’actes... réellement !

 

Logement social à Bordeaux ? Le juste combat:

L'actualité récente a permis à la majorité municipale de Bordeaux de tenter de "prendre la main" sur la question du logement social. D'abord en profitant d'une provocation d'un élu socialiste, dénonçant sans argument, une "chasse aux pauvres" de la part de l'aménageur Mairie-CUB InCité, d'autre part avec la préparation de son 3ème projet social et la tenue d'un forum le 7 novembre. La Ville s'affiche ainsi comme obnubilée par la mixité sociale et le retour des familles modestes en centre ville. Mais c'est faux ! Les faits sont têtus... La part du logement social sur la ville ne décolle pas et plafonne à 15%. Et ce pour trois raisons:
- la production de logements privés a été plus importante, notamment grâce aux opérations défiscalisées De Robien/Scellier
- Les ZAC bordelaises ont minoré le logement social. Chartrons, Bonnac, Coeur de Bastide...ont moins de 20 % de logements conventionnés, sans PLUS (logements vraiment accessibles à tous).
- la restructuration du Centre historique a, dès le départ, affiché une ambition limitée en terme de mise sur le marché de logements locatifs publics.

Aussi, aujourd'hui, les déclarations de principe du Maire et les efforts louables de quelques nouveaux conseillers municipaux de sa majorité ont le mérite d'exister mais se heurtent au pêché originel d'une droite qui, de l'Europe, au gouvernement français n'a pas vocation à promouvoir l'égalité et le progrès social. C'est pourquoi je suis très réservé sur le projet social en préparation, tant l'échec du Maire sur cette question est patent. C'est d'ailleurs cette question qui recueillait le plus mauvais indice de satisfaction des bordelais sondés il y a quelques mois par la Mairie. Et oui, il faut assumer les responsabilités d'un libéralisme qui fabrique toujours plus de pauvres ! Il faut aussi assumer les choix stratégiques portés vers une ambition économique bordelaise "petit bras", un budget du CCAS qui stagne, des programmes de logements sociaux insuffisants, des listes d'attente énormes pour les crèches...
Bref, pas de quoi pavoiser... mais peut-être faire suivre discours et forum d'actes... réellement !