L'adjointe du quartier de Bacalan vient de promouvoir une nouvelle association: Bureau Prévention Sécurité Secours. Voici ce qu'on apprend dans la plaquette de présentation de BPSS:

« Créée par des anciens militaires maintenant en invalidité à cause des irradiations ou d'accidents en mission, nous proposons de mettre en commun et de transférer des savoirs faire professionnels vers des populations civiles qui peuvent être amenées à rencontrer un risque à un moment de la vie. Cette association sera propre et bien portée, notre présence doit être sécurisante. »

Cette plaquette comporte les sigles de la ville de Bordeaux, de l'armée de terre et de l'armée de l'air ! L'association bénéficie de quatre emplois aidés et de locaux municipaux au sein même de la mairie annexe de Bacalan !

Dans cette affaire, la majorité municipale touche les bas-fonds d'une politique populiste et sécuritaire.
Comment laisser penser à la population que la puissance publique est incapable de mobiliser les moyens du droit commun pour favoriser le « vivre ensemble »? Comment laisser croire qu'un quartier a besoin des treillis et rangers de personnels cassés par leurs blessures de guerre pour le rendre plus sûr ? Comment oser promouvoir une association dont la mission vise les publics scolaires, jeunes et familles sans avoir pris la précaution d'une consultation des services de l'Etat, de la ville ou du département, compétents pour l'adresse à ces publics ?

Ce fut le sens de mon indignation, lundi 25 janvier, lors du conseil municipal qui débattait de l'attribution d'une subvention de 3500 euros dans le cadre du Fonds d'intervention local (FIL) de l'adjointe au Maire. Je dénonçais notamment l'absence de réflexion et même le caractère contre-productif de la démarche alors qu'existe sur Bacalan des professionnels et des militants associatifs, mobilisés dans les domaines de l'Education et de la Prévention, qu'il faudrait peut-être écouter et mieux aider.

J'ajoute que si on veut parler sécurité et proximité, il faut évidemment se pencher sur la présence de l'îlotage policier, pas au goût de l'UMP, car pas assez spectaculaire pour les médias et pas assez « rémunérateur » en chiffres de gardes à vue et d'amendes, mais qui, aux dires de certains policiers eux-mêmes serait plus efficace car plus proche des citoyens.

Cette nouvelle « boulette » dans l'escarcelle du FIL prouve encore une fois la perversité de cette fausse démocratie de terrain. Laisser chacun des huit quartiers de Bordeaux sous la coupe d'un adjoint (chef de FIL) comporte des risques. Le Maire ne veut pas l'entendre... Même s'il a du revoir sa copie en recadrant les dotations inégales aux écoles ! A cause de Bordeaux Maritime, il va pourtant devoir redoubler de vigilance quant aux « vagabondages » populistes. Car je doute qu'il puisse tolérer que l'on joue avec les valeurs de la République... et que la démocratie ne tienne qu'à un FIL. Le paramilitaire n'a rien à faire dans nos quartiers !

Je rappelle ma proposition, à l'échelle du quartier (comme à l'échelle du canton d'ailleurs... c'était dans mon programme) pour la mise en place d'un véritable Conseil avec des représentants associatifs, des élus, des habitants, des professionnels... Un collectif pluraliste soucieux de discerner de qui relève du droit commun et du projet de quartier, disposé à travailler avec les autres collectivités, doté d'un budget participatif, apte à décider après concertation, capable d'évaluer et rendre compte... au conseil municipal, comme aux habitants !
Bref... si j'ose dire... un nouveau FIL rouge pour une autre gouvernance de quartier !
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