Avec des taux de chômage dépassant les 20% dans les quartiers populaires, Bordeaux ne se porte pas bien.
Pourtant, il y a un an le Président de la République promettait aux Français qu’ils verraient reculer le chômage dans les semaines et les mois à venir. Fin 2010 le ministère de l’Emploi vient de recenser 210.000 demandeurs d’emploi supplémentaires pour l’ensemble de l’année passée. Cela, après les 509.000 de plus recensés en 2009. Les jeunes, notamment des quartiers Politique de la Ville, les seniors +16%, les chômeurs de longue durée +20% sont les plus touchés.
Les radiations ne masquent plus la remontée d’un chômage de masse. Plus de 4 millions inscrits à Pôle Emploi sur le territoire national. Cette aggravation est bien la conséquence de l’échec de la politique gouvernementale : baisse des coûts salariaux, exonération massive des cotisations patronales, soutien sans faille à la croissance financière… Bref, les vieilles recettes capitalistes sont une fois de plus sans effet sur l’emploi.
Par contre, la redistribution de 43 milliards de profits aux actionnaires des entreprises du CAC 40 en 2010 prouve que l’argent existe, que l’économie se porte bien, mais qu’il faut selon nous réorienter l’utilisation de ces masses colossales d’argent.
Comment en effet supporter la multiplication par deux des plans de licenciement depuis le début de la crise ?
Comment accepter ce dogme de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique au nom des principes du Fonds Monétaire International et de la Banque Centrale Européenne ?
Comment accepter de faire supporter le coût de la lutte contre le chômage aux collectivités locales comme le propose ici de manière mesurée la convention Mairie-Maison de l’emploi (votée en janvier dernier) ?
Convention qui soulève plusieurs désaccords ou critiques.
Elle acte, en effet, un nouveau désengagement de l’Etat dont la contribution est réduite à 70% du budget de fonctionnement de la maison de l’emploi dans la limite de 1 million d’euros.
On y apprend que les jeunes diplômés bordelais sont particulièrement touchés :
« Recul de 16% du taux d’emploi des sortants d’écoles d’ingénieurs par rapport à 2009,1 jeune diplômé sur 4 contre 1 sur 5 en 2007 aujourd’hui en recherche d’emploi, recul de38% des offres d’emploi entre 2007 et 2009 ».''
Or l’intervention préconisée par la convention se limite aux simples problématiques de coaching destiné uniquement à aider les jeunes à mieux se vendre sur un marché de l’emploi en restriction.
Même inquiétude pour l’intervention en direction des seniors et des jeunes sans diplôme où l’impact attendu en termes d’emploi reste flou.
Bref, au final il s’agit d’une juxtaposition, voire une superposition de mesures aux effets si limités qu’on ne peut qu’en louer la détermination de certains protagonistes locaux et les appeler, pour plus d’efficacité, à combattre avec nous le capitalisme !