J'ai participé aux rencontres bordelaises de l'AIVP les 13 et 14 octobre...
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Bordeaux accueillait une des Rencontres annuelles du réseau mondial des villes portuaires (AIVP). Le thème était « fleuve, port, ville : le défi de la modernité ».
Des exposés et échanges d’expériences ont montré combien les grandes villes européennes se préoccupaient d’allier développement économique et développement durable, au cœur même des agglomérations. Bruxelles et Paris ont notamment décrit leurs projets pour faire de la voie d’eau un vecteur nouveau de « distribution urbaine ». Fiabilité, sécurité, respect de l’environnement, coûts réduits… le transport fluvial de fret est innovant. Il est d’ailleurs un axe du Livre blanc de la commission européenne transports de mars 2011. Des villes et ports sont très en avance. On a parlé d’Utrecht qui utilise des bateaux électriques pour le transport de marchandises multi-usages. De Liège, avec le projet sur fleuve- rail- route de « trilogiport » sur 100 ha. Du port de Tolbiac à Paris, réorganisé pour les infrastructures industrielles et ouvert à 50% aux promeneurs hors horaires de trafic. On a évoqué le rôle unique de la voie d’eau pour le transport de matériaux de construction en cœur d’agglomérations : un "convoi fluvial poussé" équivaut à 150 camions !

Et Bordeaux dans tout ça ?

Les représentants bordelais et CUB étaient bien là le 13 octobre…
C’est l’adjoint au Maire chargé du tourisme qui ouvrait la rencontre et c’est le vice-pdt de la CUB chargé des relations internationales qui la clôturait… une représentation locale institutionnelle bien représentative de l’absence de visée (ou d’intérêt ?) des décideurs vis-à-vis des enjeux portuaires. Dans les autres agglomérations et régions, ce sont plutôt les élus responsables des transports ou de l’économie qui siègent à l’AIVP !

Aussi, mis à part l’intervention d’un chef de projet CUB interrogeant la problématique de la desserte fluviale des sites de projets urbains (Euratlantique, Bastide, Bassins à flot) en matériaux de construction (plusieurs dizaines de millions de tonnes d’ici 2030), ou des représentants du Gd Port Maritime de Bx valorisant le rôle prochain du nouveau terminal de Grattequina situé à Blanquefort (pour transport de granulats et pales d’éoliennes), les autres prestations bordelaises et CUB ont consisté à légitimer la seule préoccupation urbanistique et touristique du Bx 2030.

Comme si l’angélique de l’estuaire et le Centre culturel et touristique du vin pouvaient incarner les retrouvailles de Bordeaux et son fleuve !

Projeter l’agglomération dans le cercle innovant des grandes villes européennes impose une toute autre ambition pour le fleuve : transport de marchandises et de déchets par barges, navettes fluviales électriques, aménagement de quais de déchargements de marchandises rail-route (ou entrepôts flottants), réparation navale dans les formes de radoub…
Autre chose qu’un regard figé et muséal sur la ville.
Autre chose qu’une courte vue évènementielle.
Autre chose qu’un bradage de l’espace public portuaire en faveur de promoteurs immobiliers surtout pas philanthropes…
Autre chose qu’une copie hors sujet.

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VM