M. MAURIN souligne qu’en formalisant un partenariat par un contrat d’objectifs entre la CUB et le Grand Port Maritime de Bordeaux, il leur faut avoir à l’idée que le Port est un outil essentiel de développement économique, et donc, d’une manière ou d’une autre, il ne leur faut rien faire qui réduirait l’usage portuaire du foncier du Grand Port Maritime, comme ce qui est en train de se passer par exemple avec le PAE des Bassins à Flots, et ce d’autant que les inquiétudes sur le développement, et donc la pérennité économique du port, restent plus que d’actualité après la réforme de 2008 et certains désengagements de l’État. Il lui semble utile de rappeler qu’après avoir fait avorter le seul projet de développement notoire du Port de Bordeaux, à savoir la création d’un terminal méthanier sur son avant-port, dont tout le monde se souvient dans quelles conditions cela fut opéré, l’État, malgré ses engagements et ses multiples déclarations, est aujourd’hui dans l’incapacité d’y substituer quelque autre projet d’implantation, de nature à assurer le devenir du port girondin, et force est de constater que la volonté de détruire supplante largement celle de construire. Il précise qu’il en est ainsi des dotations de l’État pour 2010, annoncées en nette diminution, et laissant à la charge de l’établissement portuaire pas moins de 3 M€ pour couvrir ses frais de dragage, affaiblissant de nouveau sa capacité d’auto financement. Mais il fait remarquer que la casse de cet outil industriel ne serait pas complète si son capital humain n’était pas tout autant attaqué. Ainsi, des accords sociaux, sur la pénibilité notamment, pourtant signés entre la chambre patronale des ports et les organisations syndicales, sont brutalement remis en cause par ce même gouvernement, et il demande comment être étonné, alors, par le mouvement social qui se développe actuellement sur l’ensemble des ports français. Les élus Communistes et apparentés appellent tous leurs collègues à mettre leur vote en accord avec leurs actes politiques, par exemple en exigeant que ce gouvernement renonce à la mise en cause de cet accord social. Concernant le sens de cette délibération, il fera plusieurs remarques rapides. Il est d’accord sur le fait qu’il leur faut construire un vrai partenariat CUB - Grand Port Maritime de Bordeaux, plaçant ainsi l’agglomération en prospective dynamique pour le développement économique et le développement durable. Sils notent ainsi avec intérêt l’investissement de 20 M€ pour le terminal combiné granulats et pièces de grandes dimensions sur le site de Grattequina, ou la modernisation du terminal pétrolier d’Ambés, ils resteront vigilants quant au respect des objectifs affirmés ici d’utilisation des formes de radoub des bassins à flot pour la plaisance et grande plaisance. Le transport par barge des éléments de l’Airbus A380 ou par péniche de l’huile Lesieur entre Bassens et le quai de Cap Sciences sont des éléments de confiance, comme le développement des croisières fluviales avec le bateau Princesse d’Aquitaine permettant, selon eux, de ne pas tirer un trait sur la vocation portuaire de Bordeaux intra muros, et notamment sur les bassins à flot. La convention aurait dû, à leur avis, montrer plus d’insistance sur les enjeux d’intermodalité fleuve/rail/route, sur de nouveaux liens Bordeaux – Toulouse – Méditerranée via le canal latéral à la Garonne, et sur de nouvelles ambitions pour les filières locales bois et vins. Il demande à ce titre, s’ils doivent continuer à se résigner à voir exporter la majorité du volume de nos bouteilles de Bordeaux par les ports du Havre et de Rotterdam. Il cite également de nouvelles ambitions, en appui du fort succès de la société Chantier Naval de Bordeaux en direction de la filière nautique, et au moment où Kéolis cherche un constructeur pour les futures navettes fluviales communautaires, la filière nautique électrique. Ils militent pour une convention qui oblige à revisiter un certain nombre de certitudes quant au lobby de désindustrialisation d’une partie de nos territoires, et les oblige à construire Bordeaux 2030 avec un retour à un rôle central de la Garonne et de ses ports urbains.