Nous soutenons fortement l’idée qu’il faut dégager des solutions d’urgences et pérennes aux difficultés de vie que subissent les populations Roms dans les squats des villes de Bordeaux, Floirac, Cenon, et Gradignan. Il s’agit d’abord, selon nous, d’une question de dignité humaine, de solidarité envers 400 femmes, hommes et enfants, survivants dans des conditions indignes, sans eau, électricité, chauffage et sanitaire ! Nous ne pouvons continuer à fermer les yeux sur ces drames d’une immigration d’ex-pays de l’Est, pour la plupart membres de l’Union Européenne, pour la plupart aussi issus de la communauté Rom. Communauté victime d’une construction européenne plus soucieuse des taux de profits des groupes financiers, de la mise en œuvre d’une concurrence « libre et non faussée », de la libéralisation des services publics… que des droits sociaux des peuples.

Quelles sont nos responsabilités pour avancer sur ce dossier ? D’abord clairement identifier les compétences des uns et des autres : 1- Avant tout : l’Etat, qui a la double responsabilité de délivrance de titres de séjours et de l’hébergement d’urgence ; 2- Le Conseil général dans ses compétences médico-sociales ; 3- La CUB et les communes dans le domaine du logement et de l’accompagnement social.

Ainsi, si l’Etat et son Préfet ne décident pas de prendre des mesures drastiques en faveur de la régularisation massive de ces populations, nous ne réglerons pas les questions, ni du droit aux couvertures sociales, ni du droit à la formation des jeunes, ni du droit au logement. La M.O.U.S. que vous proposez aujourd’hui débute par 30 régularisations. C’est à peine 10% des besoins ! Insignifiant tout autant qu’inéquitable, tant il sera humainement indécent de choisir telle famille plutôt que telle autre. De plus cette M.O.U.S. ne va concerner, dans un premier temps, principalement que des familles du territoire bordelais. Enfin, dans nos compétences communautaires, on voit bien, à travers ce drame humain, combien notre plan d’urgence pour le logement reste, malgré nos efforts de ces dernières années, bien insuffisant. Mais aussi que nous avons eu raison d’insister pour redresser la part des logements P.L.A.I. (les plus sociaux) dans tous les programmes que nous initions ou accompagnons. Et que nous avons raison de condamner les désengagements de l’Etat qui a donné 10 fois plus au logement privé par le biais des lois de défiscalisation qu’au logement social.

Pour conclure, nous sentons bien, avec ce dossier, la volonté de l’Etat de se désengager de l’hébergement d’urgence et d’en confier la responsabilité aux collectivités territoriales – Ne lâchons pas ! Exigeons ensemble les moyens pour un accueil digne de ces populations.