Euratlantique…vigilance !

Le projet Euratlantique couvre 738 hectares des trois villes de Bordeaux, Bègles et Floirac. Un des plus grand projet urbain de France ! Avec trois grands objectifs : la Ligne Grande Vitesse Bx-Paris 2h, Bx-Toulouse 1h et Bx-Bilbao 1h50. Un aménagement urbain visant à produire 15000 logements. Un Centre d’affaires international de 450000 m² de bureaux.

Notre groupe porte plusieurs critiques à cette Opération d’Intérêt National :

1- Le projet n’appréhende pas suffisamment, selon nous, l’ensemble de la problématique des déplacements-transports. L’arrivée de la LGV, et le flot des 20 millions de passagers attendus et d’autre part, l’apport de 30 000 habitants supplémentaires nécessitent la plus grande prudence dans la mutabilité des terrains. Or les emprises SNCF et le fret ferroviaire sont fortement réduits. Si le développement des TER est bien projeté, la ligne de ceinture SNCF est à peine évoquée et il n’est plus fait référence à son bouclage via Cenon et le pont Bacalan-Bastide (tram-train). L’apport du fleuve et des quais le long des abattoirs comme nouveau vecteur de déplacements et transports durables passé sous silence.

2- Le logement locatif social ne va représenter que 25% de la production globale de logements (+10% de locatif intermédiaire). Trois logements sur quatre ne seront pas du logement pour tous ! Avec 65% d’accession à la propriété, ce programme reste empreint du dogme du « tous propriétaires », récemment dénoncé par la fondation Abbé Pierre. On risque donc d’être loin des préconisations du Programme Local de l’Habitat de la CUB qui demande de doubler l’effort en faveur du logement de type PLUS et PLAI. Belcier, Carle Vernet, JJ Bosc, Tauzia… des quartiers populaires qui ne seront plus accessibles à tous demain ?

3- Il n’ y a pas d’objectifs de diversité économique. Seul le Centre international d’affaires est projeté. Et on peut craindre qu’il s’agira plus de délocalisations de sièges d’entreprises que de créations nettes d’emplois. Mais on ne voit pas poindre de nouveaux projets économiques liés au Marché d’Intérêt National (agro-alimentaire), au transport fluvial (battellerie), ou à la maintenance ferroviaire, secteurs d’activités qui pourraient s’intégrer pleinement à l’OIN sur les 250 ha disponibles. Cette partie sud de l’agglomération mériterait pourtant d’explorer de nouvelles pistes de développement économique liées aux infrastructures de transports (sur rail et fleuve).

4- Dans la partie St Jean-Belcier, il est prévu 12 ha d’espaces publics mais le cahier des charges est vague. Seul le FRAC, espace culturel régional sur le site des abattoirs, est avancé. Il faut que les équipements publics soient au cœur des programmations d’aménagement : une ou deux écoles, un collège, deux crèches, un établissement public de soins, un gymnase, une mairie annexe, une piscine… Piscine que nous proposons de projeter en lien (partenariat ?) avec les équipements actuels de la SNCF sur JJ Bosc-Carle Vernet.

5- Enfin, la démocratie reste à gagner. Le droit du sol du périmètre Euratlantique de chacune des 3 communes est transféré à l’OIN… et le Maire de Bordeaux vient de céder sa place de Président de l’OIN au Président de la CUB…Prémices d’une métropolisation au détriment des communes ? Quid de la concertation avec les associations, syndicats, citoyens ? Le projet, les sommes en jeu, les répercussions sur la vie quotidienne des habitants et salariés ne sont-ils pas suffisamment importants pour que soit mise en place une structure consultative, voire délibérative, de type Conseil économique et social ?

La messe n’est pas dite. L’intervention citoyenne peut encore peser sur le projet… Nous en serons !