Je comprends votre réticence à affecter un site sportif pour une utilisation de stationnement de caravanes. Vous nous avez dit que l'occupation de l'an passé avait occasionné des dégradations représentant un coût pour la Ville. Il s'est passé un an depuis.

Aussi, permettez-moi six questions :

Cela vous a-t-il conduit, Ville, CUB et Préfecture à accélérer la création d'une aire de Grand passage telle que le schéma départemental d'accueil des gens du voyage l'exige ? Ce plan prévoit depuis 10 ans, 3 petites aires de stationnement à Bordeaux (il n'y a aujourd'hui que celle de Bacalan) et deux grandes aires de passge sur la CUB, une CUB ouest et une CUB nord. Elles n'existent toujours pas ! Pour celle de CUB nord, vous dites que rien n'oblige Bordeaux à supporter seule cette responsabilité. Conséquence ? Statu quo ! Il est donc erroné de faire croire que les parkings gérés par la SEM SBEPEC seraient une aire de Gd Passage... d'ailleurs si vous y faites aujourd'hui installer eau et électricité, c'est bien qu'il s'agit d'un site improvisé, non pérenne et, comme le déplore les gens du voyage, non sécurisé !

Cette année vous a-t-elle donc incité à travailler avec les associations de GDV pour définir un site adapté au passage d'été, évitant les surfaces goudronnées non ombragées ? Non ! Pourtant, il n'a pas fallu 10 ans de gestation pour le luxueux camping de Bordeaux-Bruges au bord du lac !

Avez-vous mesuré la brutalité de votre décision à l'aune de ce qui venait de se passer à Anglet et surtout du climat délétère par lequel Président, certains Ministres ou Députés manient amalgames et menaces en direction des gens du voyage, de façon pour le moins douteuse ? Les femmes et hommes que j'ai rencontrés se sentent particulièrement humiliés.

Etait-il donc si inconvenant ou absurde de négocier une nouvelle occupation temporaire (par défaut de mise à disposition d'une véritable aire de gd passage) du site des antennes sportives (hors terrains de foot) avec négociation sur un cahier des charges impliquant tarification des fluides et prise en charge des frais de remise en état du site par les occupants ?

Bordeaux ne s'honorerait-elle pas si elle évitait de tomber dans les bas-fonds d'une politique sécuritaire stigmatisant une communauté avec des dérapages aux conséquences non encore évaluables aujourd'hui ?

Enfin, Bordeaux a plongé des milliers de vacanciers dans les bouchons d'un 15 août... était-ce vraiment pour sauver quelques mètres carrés de pelouse ? Ou afficher fièrement son zèle envers la politique du Ministre de l'intérieur ?

Triste comme la météo... la République cet été...

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en ma détermination à ne pas laisser galvauder les valeurs de la République et l'image de notre Ville.

Bordeaux le 16 août 2010

Vincent MAURIN conseiller municipal groupe communiste