Pour le pays, Juppé prétend pouvoir jouer un rôle politique et il insiste sur deux aspects de la solidarité gouvernementale envers la "feuille de route" donnée par N.Sarkozy:
- la conduite des réformes (en enfonçant le clou sur celle des retraites qualifiée d"inéluctable" et évoquant la RGPP frappant son ministère)
- empêcher le retour de la gauche au pouvoir en 2012.
On reconnaît là le Juppé d'appareil politique, un tantinet guerrier, au service d'un parti, plus que d'un Président (?). Revendiquant un rôle premier pour "réformer"... entendez déréglementer, libéraliser, brader les acquis sociaux... Un Juppé, aussi sûr de lui qu'en 95, limite heureux de pouvoir en découdre au plus haut niveau avec le peuple de gauche !
Pour Bordeaux, il s'est à nouveau gargarisé de l'embellissement de la ville en 15 ans. Il a tout de même convenu que la vie n'y était pas facile pour tous... Il a insisté sur le travail d'équipe et a tenté de rassurer en précisant que Paris n'était qu'à 50 minutes d'avion... Peu disert sur le mode opérationnel à venir du fonctionnement de la vie municipale, et l'impact de son temps partiel, il a, par contre, insisté sur la gouvernance partagée à la CUB et la place essentielle de Bordeaux.
On reconnaît là le Juppé adepte de la méthode coué, surfant sur la vague CUB du tram et des quais rénovés, minimisant les inquiétudes légitimes des Bordelais, tranquille sur la promesse de 2008 non tenue...
Pour conclure, je me garderai bien de porter un jugement sur le destin national d'un homme d'Etat, dont j'ai pu mesurer l'aura internationale lors du voyage municipal en Chine en septembre.
Mais comme je ne sépare pas l'homme des intérêts qu'il défend, les qualités de compétence, rigueur ou loyauté, que d'aucuns lui prêtent volontiers... mises au service d'un système qui produit toujours plus d'inégalités ou d'injustices, et qui plus est, sous l'autorité d'un patron populiste... ne sont, selon moi, in fine, que peu de chose..!