Ci-dessous notre tribune libre dans le journal municipal de décembre (voir ici ):

Vous avez dit social ? L’actualité récente a donné l’occasion à la majorité municipale de Bordeaux de tenter de « prendre la main » sur la question sociale. La Ville s’affi che obnubilée par la mixité sociale et le retour des familles modestes en centre-ville. Mais c’est faux ! Les faits sont têtus… La part du logement social sur Bordeaux ne décolle pas et plafonne à 15 %. Et ce pour trois raisons : - La production de logements privés a été plus importante que le logement conventionné, notamment grâce aux opérations défi scalisées De Robien/Cellier. - Les ZAC bordelaises ont minoré le logement social. Chartrons, Bonnac, Coeur de Bastide… ont moins de 15 % de logements conventionnés (hors logement étudiant), sans PLUS (logements vraiment accessibles à tous). Et si le Maire n’est pas plus audacieux dans les opérations à venir (St Jean, Niel, Lac, Bassins à fl ot) en portant à 40 % la part du logement social, la maîtrise publique profi tera encore aux promoteurs privés ! - La restructuration du centre historique a, dès le départ, affi ché une ambition limitée en termes de mise sur le marché de logements locatifs publics et peine à démontrer un retour effectif de populations à revenus modestes. Aussi, aujourd’hui, les déclarations de principe du Maire et les efforts louables de quelques conseillers municipaux de sa majorité ont le mérite d’exister mais se heurtent au péché originel d’une droite qui, de l’Europe, au gouvernement français, n’a pas vocation à promouvoir l’égalité et le progrès social. C’est pourquoi nous sommes très réservés sur le projet social de la Ville, tant l’échec du Maire dans ce domaine est patent. C’est d’ailleurs cette question qui recueillait le plus mauvais indice de satisfaction des Bordelais interrogés il y a quelques mois par la Mairie, dans un sondage plébiscite au service de l’image du Maire. Et oui, majorité municipale, il vous faut assumer les responsabilités d’un libéralisme qui fabrique toujours plus de pauvres, promeut la concurrence et excuse ses ravages sociaux, démantèle les systèmes solidaires nés du Conseil national de la Résistance comme la Sécu, les retraites, le service public ! Une fi scalité qui exonère les plus hauts revenus mais ponctionne les plus faibles… Il vous faut aussi assumer les choix stratégiques portés vers une ambition économique bordelaise « petit bras » qui se refuse à tout projet industriel moderne, tourne le dos à son fl euve et se contente de sacraliser la TPE (toute petite entreprise). Tout cela dans un contexte local marqué par un budget du CCAS qui stagne, des listes d’attente énormes pour les crèches, un service public municipal altéré par le dogme de la réduction de l’emploi statutaire... Bref, pas de quoi pavoiser... mais peut-être faire suivre discours et forum... d’actes... réellement !