EDUCATION PRIORITAIRE EN DANGER !

La réunion du Conseil départemental de l’Education nationale (CDEN) se tenait ce matin du 11 avril. Elle avait pour objet principal la répartition des moyens d’enseignement pour la rentrée de septembre dans les collèges, lycées et écoles de Gironde. Les déclarations préalables des organisations syndicales ont souligné le contexte préoccupant qui vise à réduire considérablement les effectifs du service public d’Education (20 000 postes par an durant 4 ans) au nom de la sinistre RGPP (révision générale des politiques publiques). Les syndicats et la FCPE ont proposé une motion (adoptée à l’unanimité moins deux abstentions) rappelant l’urgence que la Gironde obtienne une dotation de 300 postes pour rattraper le retard par rapport aux moyennes nationales, afin d’alléger les effectifs des classes, mieux assurer les remplacements, accueillir les enfants de 2 ans, renforcer les RASED (aide aux enfants en difficulté) … etc.

Pour ma part, j’ai fait deux interventions :

- Au moment du débat sur les installations sportives, j’ai appuyé la demande du SNEP-FSU (profs d’EPS) qui revendique de meilleures conditions d’exercice de l’EPS par la mise à disposition d’équipements sportifs. Il faut notamment mieux « mutualiser » l’utilisation d’installations sportives entre temps scolaire et hors temps scolaire. J’ai souligné la nécessité d’une collaboration Conseil général – Mairie de Bordeaux pour satisfaire la demande des professeurs de collège et écoles de Bacalan qui, en lien avec les associations sportives, ont rédigé un projet de construction de gymnase sur le stade Charles Martin.

- A l’ouverture du CDEN, l’Inspecteur d’Académie a annoncé qu’il allait prendre une mesure nouvelle d’ouverture de classe (absente des documents de travail) en faveur de l’école Charles Martin à Bacalan. Il faut savoir que la réunion du Comité technique paritaire qui précédait le CDEN hier, a fait l’objet de vifs échanges entre représentants du SNUipp-FSU qui défendaient les demandes des enseignants et parents de Bacalan et l’Inspection académique qui menaçait non pas de créer les postes nécessaires mais de fermer une classe à l’école Labarde !
Voici les termes de mon intervention :

''« Monsieur l’Inspecteur d’académie, La présentation des quatre objectifs généraux que vous assignez à la prochaine rentrée montre un changement d’attitude du Ministère vis-à-vis de l’Education prioritaire. En effet, ces dernières années, vous-même et vos prédécesseurs plaçaient « l’Education prioritaire » comme un des axes principaux de l’action départementale, aujourd’hui elle est absente ou, tout au mieux, englobée dans l’objectif « prévenir l’échec scolaire ». Nous constatons pourtant que les difficultés liées à la paupérisation d’une frange croissante de la population se concentrent dans des zones géographiques avec des risques de ghettoïsation de certains quartiers et de certains établissements scolaires. La politique de la ville (pour l’Education nationale les ZEP), visait à réduire les inégalités en « donnant plus à ceux qui ont moins ». Ce n’est pas l’objectif du plan « banlieue » de Fadela Amara où l’école n’est plus qu’une action parmi d’autres. L’inquiétude que j’avais formulée en novembre sur le resserrement des moyennes d’effectifs entre ZEP et hors-ZEP au détriment des ZEP se confirme par vos mesures d’aujourd’hui. Vous ne parlez pas de scolarisation des 2 ans et vous n’ouvrez des classes en ZEP que si les moyennes dépassent 26 (au lieu de 25 jusqu’ici) ! C’est une régression.

Pour Bacalan, je voudrais attirer à nouveau votre attention sur les conditions de scolarisation des enfants de ce quartier. Je rappelle que cette ZEP a un taux de parents en CSP défavorisés (catégories sociales) deux fois supérieur à la moyenne. Les 4 écoles de cette ZEP scolarisent 107 enfants du voyage sédentarisés et voyageurs (nouvelle aire) avec un seul poste de soutien PASS. Le niveau de difficulté et grande difficulté scolaire touche 54 % des élèves. Les parents d’élèves, élus locaux et enseignants sont mobilisés depuis des mois pour que l’Etat favorise la réussite de tous. Cela passe par l’ouverture de classe à l’école Charles Martin afin d’éviter les 26 par classe, mais aussi par l’ouverture de classe à l’école élémentaire Achard qui sera à 25 par classe à la rentrée et enfin par la création d’un poste (pourtant déjà annoncé en juin dernier) afin de prendre en compte la spécificité scolaire de ce quartier.

Pour finir, j’attire votre attention sur les autres niveaux de scolarisation des élèves issus de ce quartier : le collège Blanqui pour lequel après avoir envisagé 3 suppressions de postes, vous retirez un poste à la rentrée et le lycée Condorcet qui fait l’objet de suppressions de postes et d’options alors que son classement par rapport au taux d’accès au bac mériterait au contraire des moyens pédagogiques supplémentaires. »''

Vincent MAURIN

Conseiller communautaire

Membre du CDEN

11.04.08