interview extraite du journal des communistes de Bordeaux (décembre 2007 page 4)

Vous êtes élu à Bordeaux et à la CUB depuis 2001, quel bilan tirez-vous de votre action ?

Je pense avoir rempli mon rôle d’élu local. Les combats que j’ai mené avec mes collègues CUB en faveur du plan d’urgence pour le logement social, la gestion des parkings en Régie publique, la renégociation du traité de concession de l’eau, la réussite du tramway, la défense du service public communautaire ou de l’emploi à Sogerma, Ford… furent des moments marquants du rôle que peuvent jouer des élus communistes dans une institution comme la CUB. A Bordeaux, grâce à l’expérience et la pugnacité de Claude Mellier, nous avons su porter dans le Conseil municipal des questions posées par des mobilisations d’habitants et salariés. Tant sur les enjeux du développement économique, des crèches, de la restauration scolaire, de la précarité dans l’emploi municipal, de la culture, des personnes âgées, de la démocratie… A titre personnel, j’ai la fierté d’avoir agi et fait gagner en particulier sur deux sujets qui me tiennent à cœur : à la CUB, pour l’arrivée du tramway à Bacalan, au moment où certains au PS, à droite et à la chambre de commerce s’apprêtaient à le sacrifier ! A la mairie, pour que la salle polyvalente de Bacalan porte le nom de Pierre Tachou, figure associative du quartier et militant communiste.

Le logement est une des préoccupations première des Bordelais(es), peut-on faire mieux ?

Oui… et surtout plus ! Notamment dans le logement social où 12000 demandeurs attendent. Pour que Bordeaux respecte la loi SRU (solidarité renouvellement urbain) il faut produire 6856 logements conventionnés de plus ! La CUB vient de fixer l’objectif réévalué de 576 logements sociaux à construire par an sur Bordeaux. C’est dire le retard de la ville et l’urgence de mettre les bouchées double, notamment pour les plus démunis ! Dans les quartiers de renouvellement urbains bien sûr où je propose d’atteindre 40% de logements conventionnés, au Lac, Belcier, La Bastide, Bassins à flots mais aussi dans les « beaux » quartiers qui n’ont quasiment pas de logements sociaux où je propose d’imposer 50 % de logements conventionnés dans toutes nouvelles opérations. Comme je dis souvent, la mixité sociale ce n’est pas seulement ouvrir les quartiers ouvriers aux bobos, c’est aussi permettre aux plus pauvres d’habiter des quartiers riches (…et aux pauvres de ces quartiers de pouvoir y rester)! Et arrêtons de privilégier le logement défiscalisé « De Robien » (la moitié des constructions en 2005 !). Je rappelle que nous sommes sur un fond de désengagement de l’Etat qui consacre 70% de ses aides au privé. Enfin, il faut enrayer les hausses de loyers et charges qui ruinent les ménages !

Le Maire communique beaucoup sur le Bordeaux qui « bouge » au plan de l’urbanisme. Quel regard portez-vous sur les réalisations et projets en cours ?

D’abord, je souligne que les grands aménagements de la ville sont liés en grande partie au tramway et aux ZAC (zones d’aménagement concerté) qui sont des réalisations financées par la CUB. Les opérations des Quais, Chapeau rouge, Victor Hugo, Bastide 1, Bonnac, ex Hôpital des enfants, Chartrons… ont été votées à la quasi unanimité des élus CUB. Certaines sous la présidence Juppé, d’autres sous la présidence Rousset, toutes avec le principe défendu par les élus communistes de la recherche de l’intérêt général. Idem pour le Pont Bacalan-Bastide. Mais je pense qu’on aurait pu mieux faire dans les contenus : j’ai regretté par exemple qu’on ne diversifie pas l’activité économique dédiée aux hangars des quais (trop commerçante selon moi) et que le Maire n’ose pas y implanter là une structure culturelle. Je n’adhère pas au « bilan globalement positif » de Bastide 1 quand le logement social atteint à peine 10%. Je déplore la hausse galopante des prix du foncier sur le parcours du tram et la profusion des agences bancaires à la place des petits commerces. Quant aux projets, les communistes se sont déjà exprimés. Nous contestons la notion de « quartier d’affaires » pour St Jean-Belcier et demandons de ne pas sacrifier les infrastructures SNCF pour le développement durable. Bastide 2 doit compenser l’absence de logements sociaux de Bastide 1, je propose de réserver du foncier pour l’activité économique dans le secteur « Soferti » et sur le parc des berges, j’ai demandé au Maire d’étudier la possibilité d’un parc ludo-sportif, style La Villette. Quant aux bassins à flots, nous fûmes les premiers à contester le projet « Grumbach ». Il faut plus d’ambition pour ce site unique qu’une banale marina. Le PAB dit qu’il n’est pas exclu de rouvrir une forme de radoub pour réparer leurs bateaux… fonçons ! Oui la sauvegarde de la grande écluse offre l’opportunité de maintenance et réparation navale dans le bassin n°1 ! Oui il faut profiter de la proximité de la SAFT pour réfléchir à la propulsion électrique. Enfin, ce secteur nord qui va fortement s’urbaniser, a besoin de modes de déplacements complémentaires, notamment avec le tram-train et la ligne de ceinture SNCF.

Le Bordeaux de demain pour vous ?

Au conseil municipal du 26 novembre, nous avions une délibération anodine qui autorisait La Poste à créer deux timbres illustrant Bordeaux: un avec le miroir d’eau, l’autre avec la grille du jardin public. Quelle tristesse ! Voyez-vous, c’est cette image de Bordeaux qu’il faut dépasser ! La ville a besoin de souffle, de projets innovants dans tous les domaines, économiques, culturels, sociaux. Une ville qui reconquiert son fleuve, qui ose l’art contemporain, qui mise sur sa jeunesse, qui prend des risques et investit pour les services… On compare souvent notre cité aux « concurrentes » Nantes, Bilbao, Toulouse… 3 villes projetées vers l’avenir. Bordeaux doit franchir ses façades et dépoussiérer son image bourgeoise… Le Bordeaux pour tous est à construire. Bordeaux doit sortir de sa vitrine !
Avec Josette Tylipski et Albert Garcia devant le sleepway du PAB à Bacalan