Pour les Jeux, pour les droits de l’homme : Ne pas piétiner l’un pour faire avancer l’autre

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L’idée d’un boycott de ces Jeux a été à plusieurs reprises lancée sans l’écho escompté. Mais la répression violente au Tibet a changé la donne. Les Jeux de Pékin sont devenus la cible. Et la condamnation à la prison d’un dissident par les autorités chinoises a de nouveau jeté de l’huile sur le feu. Repoussant l’idée de boycott, les sportifs français et les responsables du CNO français avaient appelé les manifestations en préparation, tout en comprenant leur message en faveur des droits de l’homme, à laisser passer la flamme, à protéger ce message de paix. Ils n’ont pas été écoutés. Aujourd’hui le constat est là : le parcours chaotique de la flamme sous escorte policière dénature le symbole et atteint les Jeux au cœur. Ils se tiendront certes à Pékin. Mais à quel prix et dans quel esprit ? Désormais toute la question est là. Une chose est claire. La Chine ne peut pas rester sourde à la protestation internationale contre la répression au Tibet. Elle ne peut ignorer l’appel au développement des droits de l’homme. Ce sont des exigences universelles. En la matière, l’accueil des jeux Olympiques, le respect des valeurs de la charte qui les fonde, imposent à chaque pays hôte des devoirs renforcés. La Chine pensait-elle s’en exonérer ? Si c’est le cas, son calcul s’avère désastreux. Le président du CIO est enfin sorti de son silence à ce propos. Tant mieux même si c’est bien tard. S’en tenir là relèverait toutefois de l’hypocrisie. D’abord parce que les gouvernements occidentaux ont beau jeu de garder deux fers au feu quand personne ne les interpelle vraiment sur la mollesse de leurs réactions et l’absence de leurs initiatives notamment à propos de la situation tibétaine. Le cynisme du gouvernement français, faisant ostensiblement peser dans la balance droits de l’homme contre intérêts commerciaux n’est pas acceptable. Si la France doit parler à la Chine, elle doit mener ce débat sans attendre et sur le terrain politique. Les Jeux doivent certes porter haut leur message de paix et de tolérance mais ils ne peuvent être transformés au risque de les tuer, en moyen de chantage ou en monnaie d’échange. C’est là l’autre ambiguïté du débat. Elle concerne les JO proprement dits et leur avenir. Nous ne sommes pas de ceux qui défendons les Jeux au nom des enjeux commerciaux dont ils sont devenus l’otage. Pas plus que nous pensons à en faire une arme pour faire avancer telle ou telle position dans le monde. Nous croyons que les Jeux peuvent beaucoup à condition justement de défendre leur âme dans un monde qui s’en écarte de plus en plus. Nous ne vivons pas dans un monde idéal, défendons l’utopie olympique, ne lui demandons pas l’impossible, faisons la vivre. Pour certains les JO ne sont plus qu’une mascarade et la charte olympique un chiffon de papier. A l’inverse d’autres ne brandissent l’idéal des Jeux et les valeurs sportives que quand cela les arrange. Combien parmi tous ceux-là sont prêts à accommoder leurs exigences sur les droits de l’homme en fonction du choix du pays organisateur ? Combien ont déjà renoncé devant leur outrancière commercialisation pourtant tout aussi attentatoire à l’essence du rendez vous olympique ? Voilà pourquoi le passage de la flamme nous laisse un goût amer. Parce que nous croyons tout autant à l’esprit des Jeux que nous savons menacés qu’au combat universel pour les droits de l’homme. Ne piétinons pas l’un pour faire avancer l’autre.

dans Annexe: tract du PCF