Le mythe du « Privé » a fait son temps ! L’actualité locale autour de la délégation de service public des transports de la CUB a ouvert un débat fort intéressant autour de l’articulation « service public / coûts / droits des salariés ». Tout d’abord, il faut savoir que lorsque les multinationales se battent pour obtenir des marchés de délégation de service public (DSP) dans les collectivités locales, ce n'est pas par philanthropie, par excès de sacrifice à l'intérêt général ou des simple contribution citoyenne à la belle vie de la cité... mais bien, avant tout, parce qu'il s'agit de "marché" et donc de profits à la clé, pour l'entreprise et ses actionnaires. On a eu l’exemple récent de la gestion de l’eau sur la CUB où la Lyonnaise des eaux avait empoché indûment plusieurs centaines de milliers d’euros sur nos factures d’usagers. On a pu aussi vérifier que sur des secteurs comme les télécommunications, les transports et en ce moment l’énergie, ouverture à la concurrence et privatisation n’ont pas apporté de progrès dans la démocratisation des accès, dans la sécurité, dans la qualité du service et dans les droits des salariés. Et on peut noter, aux USA, comme en Europe combien l’absence de service public fort accentue considérablement les inégalités, notamment en période de crise. Au moment où certains veulent aller encore plus loin, et préparent la mise sur le marché des politiques éducatives, sociales et de santé, il nous semble au contraire important d’interroger la réappropriation publique et directe d’activités d’intérêt général. Certaines collectivités reviennent en arrière sur la mode « libérale » qui consiste à confier au privé des missions de service public. Toulouse vient de placer son réseau de transports collectifs en régie. D’autres grandes villes ont des gestions directes de l’eau. Et ça marche ! Lors du mandat précédent, nous avons impulsé, avec le groupe PCF de la CUB, le choix d'une régie pour la gestion des 8300 places des 16 parkings de la CUB. Bilan positif ! Plus personne ne parle d'erreur ! En Europe aussi il y a des exemples : Münich, jumelée à Bordeaux, 3ème ville d'Allemagne, 10ème ville du monde pour sa qualité de vie, a tous ses services en Régie municipale (eau, électricité, transports...). Concernant les transports CUB, nous estimions donc utile de lancer une étude pour la mise en régie… nous n’avons pas été entendus et c’est Kéolis qui a battu Véolia… On verra vite si c’est sans dommage pour le service rendu, les tarifs, la fiscalité et les traminots ! Autre exemple, Gaz de Bordeaux. Régie municipale, elle a été transformée en Société d’économie mixte (SEM) en 1991 (seuls les élus communistes s’y étaient opposés). Puis l’Europe (traités de Maastricht et Lisbonne) impose la scission (création de Régaz… voir tribune de mai 09). Résultat : ouverture du capital au privé, et explosions des factures des usagers ! Si l’on veut éviter les ravages de la marchandisation, il est donc temps d’oser restituer dans le giron public, et pour toutes les échelles de territoire, de nouvelles responsabilités de gestion directe, aidées par l’Etat.