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Quel est donc ce tabou qui fait que dans notre agglomération on ne peut pas débattre sérieusement d’une régie des transports ?
Cela ne serait pas sérieux, techniquement pas possible pour certains, coûteux pour d’autres. Mais de quoi parlons-nous au juste ? Au lieu de déléguer le service des transports à un opérateur privé, la collectivité fait le choix de le gérer elle-même, en créant une régie des transports. Cette régie est présidée par un élu avec un conseil d’exploitation, mais dirigée au quotidien par un directeur et une équipe d’encadrement. Ses salariés restent de droit privé. De grands réseaux comme Paris, Marseille, ou Toulouse sont gérés de cette manière comme de nombreuses villes moyennes. Pour tous ces réseaux l’effcacité des transports s’avère tout à fait comparable aux réseaux gérés par un opérateur privé. Faire le choix de la régie, c’est sortir de la logique qui fait des transports une marchandise comme les autres. Il s’agit de le transformer en véritable service public des transports, guidé par le seul objectif de répondre aux besoins des usagers, et non, comme c’est le cas aujourd’hui par la volonté des opérateurs quels qu’ils soient de réaliser des profts. C’est aussi faire le choix pour la collectivité de refuser d’injecter dans le circuit financier actionarial des millions d’euros qui, on l’a vu ces derniers mois, ne servent qu’à la spéculation et conduisent l’économie à la catastrophe. Reste la question des salariés. Lors de la renégociation du contrat de la CUB, les salariés, leur productivité restent pour les opérateurs privés la variable d’ajustement essentielle sur un contrat. La dénonciation des accords d’entreprise à Lyon par Kéolis en est la meilleure illustration. Sortir de la logique du proft à tout prix, ne garantie pas aux salariés obligatoirement de bonnes conditions de travail ou de bonnes conditions sociales. Cependant cela enlève une pression supplémentaire. Dans le cas de Bordeaux, la régie est sans doute le mode de gestion qui garantierait le mieux le maintient des acquis sociaux pour les salariés. Faire le choix de la régie ne relève pas de l’aventurisme. C’est un choix politique, c’est un choix de gestion. Fort de l’expérience et du savoir-faire de ses 2000 salariés, l’entreprise actuelle est un outil performant, qui peut se transformer en un service public de gestion directe.