L’évaluation des élèves change de logique. Les évaluations CM2 viennent d'être achevées, celles de CE1 étant programmées du 25 au 30 mai.

Ciblés sur le français et les mathématiques, les exercices ont en effet pour but de dresser un bilan sommatif mesurant les acquis des élèves au regard des nouveaux programmes (tout juste mis en route), là où les épreuves précédentes (CE2) visaient à effectuer un diagnostic permettant de repérer, à partir d’exercices simples, la nature des difficultés.

Certains exercices proposent des situations qui en cette période de l’année n’auront pas été étudiées : fractions, calculs d’aires ou plus-que-parfait. Concernant les modalités d’exploitation, les enseignants auront à renseigner cent items selon un code binaire : 1 pour une bonne réponse, 0 pour une mauvaise : pas de réussite partielle, pas de repérage des démarches originales, pas d’identification des erreurs … Comment les enseignants vont-ils pouvoir exploiter ces tests pour mieux aider les élèves ?

Pour le ministère, ces nouvelles évaluations ont une toute autre fonction. C’est avant tout « un instrument de pilotage du système éducatif du niveau local de l’école au niveau national » explique t-il. Pour ce faire, les directeurs seront mis à contribution. Ils seront chargés de faire remonter via le site internet de l’académie les résultats anonymes des élèves et ceux de l’école. Seront ainsi identifiés les élèves en « difficulté » (moins de 33% de réussite aux items) qui devront alors bénéficier d’un PPRE ou d’une aide individualisée (stage de remise à niveau, aide personnalisée). Ceux compris entre 33% et 50% de réussite devront faire l’objet d’une « attention particulière ».

De leur côté, les IEN (inspecteurs) pourront alors, selon la Degesco, « implanter des postes ou définir des priorités de formation ». Mais avec quel moyen ? Ces tests doivent également servir à renseigner une partie du nouveau livret d’évaluation que les écoles devront imprimer. Là encore, totalement ciblé sur une fonction bilan, il comporte des items qui paraissent extrêmement compliqués à ne remplir que par un simple oui ou non comme il est désormais demandé.

Dans un courrier adressé au ministre,le SNUipp s’inquiète de cette conception de l’évaluation basée sur le « chiffre ». Il demande le report des tests. Les enseignants ont besoin d’autres outils pour mieux analyser les difficultés des élèves et les aider à réussir.