Mais surtout, il y a ces discussions multiples autour des enjeux sociaux qui posent les questions de la nature des solutions à la crise, des besoins de régulation (droite) ou sanction (gauche) des excès patronaux ; de moralisation, réforme ou dépassement du capitalisme ; du pouvoir, ou pas, de la puissance publique à agir contre les licenciements, les paradis fiscaux, les parachutes dorés… ; du pouvoir, ou pas, des Etats à légiférer pour maintenir (ou créer pour certains) un socle social garantissant des droits et des libertés ; du pouvoir, ou pas, de l’Europe à incarner un nouvel espace de justice sociale, défiant les mise en concurrence des pays et des peuples, alignant par le haut les acquis sociaux… coopérante, solidaire, innovante, pacifiste… Bref, des questionnements que certains, à droite, comme à gauche voudraient déconnecter des enjeux électoraux à venir. Et pour cause ! Vendredi, Mélenchon rappelait que 80% des lois votées en France découlaient d’injonctions européennes. Francis Würtz expliquait les connivences PSE et droite sur l’essentiel des Directives organisant les ouvertures du marché capitaliste. Cathy Daguerre insistait sur la pertinence d’apporter des réponses européennes aux problèmes de fond portés par les mouvements sociaux en France, comme en Irlande, Grèce, Italie ou Allemagne… Alors, à deux mois de l’échéance, les grandes forces politiques du pays et les grands medias se clamant les chantres de la démocratie dans le monde vont-ils enfin ouvrir le débat contradictoire sur ce vote européen ? Le NON au traité constitutionnel européen les a-t-il échaudés au point d’avoir, à ce point, peur du peuple aujourd’hui ? Ce peuple en lutte pose les bonnes questions. Pour l’emploi, les salaires, l’Hôpital public, la protection sociale, les services publics… Par exemple, lundi soir, au débat départemental sur l’avenir de l’école maternelle, les interventions des syndicats, parents et enseignants ont conduit les élus présents à répondre « investissement dans le service public et opposition à la RGPP», «bataille idéologique contre le dogme de la réduction des déficits publics »…. Autre exemple, les usagers de Gaz de Bordeaux en lutte contre les augmentations des tarifs d’abonnement comprennent mieux aujourd’hui le lien entre « libéralisation européenne du marché de l’énergie » et « marges de profits des actionnaires sur le dos des usagers ». Leur action a d’ailleurs fait reculer A.Juppé qui demande le retour aux anciens tarifs… « tant que la concurrence n’applique pas les directives européennes » ! Luttes, questions, réponses locales, nationales et européennes… les militants communistes ont un espace d’intervention inédit et passionnant… la dynamique du Front de gauche offre un débouché unitaire palpable à ceux qui considèrent que « luttes et urnes » sont indissociables pour combattre le capitalisme !

V.Maurin
pour l'édito des Nouvelles du 2 avril 2009