Secrétaire départemental des JC, je garde le souvenir de cette manifestation que j'organisais le 15 novembre 1986 rue Ste Catherine avec la banderole "LIBEREZ MANDELA JC", slogan qui a fleuri sur les murs et ponts de la CUB, tout comme "boycott à 100%" afin de contraindre Mitterrand à isoler le régime de Prétoria. Jusqu'à ce 11 février 1990 où Mandela sortait de prison le poing levé ..!
Je n'ai pas souvenir du soutien, même discret, de Sarkozy à la cause antiapartheid de l'époque. Et concernant son voyage au CAP, je vous invite à lire cet article de P.Barbancey, journaliste de l'Humanité:

Monde

Sarkozy ou la version « new look » de la Françafrique Afrique du sud . Pour faire oublier le désastreux discours de Dakar, le locataire de l’Élysée annonce une révision des accords de défense. Le Cap (Afrique du Sud),

envoyé spécial.

À l’occasion de son déplacement au Tchad et surtout en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy voulait prouver que la Françafrique c’était fini et bien fini. Le résultat aura été plus que mitigé, même si le président français excelle dans l’art des annonces, utilise une dialectique gauchisante et prend pour modèle Nelson Mandela, dont on ne se souvient pas que l’actuel hôte de l’Élysée ait jamais manifesté pour sa libération ni dénoncé les crimes de l’apartheid. Il dit d’ailleurs : « La France doit être présente de façon différente en Afrique. »

Interrogé par l’Humanité, qui lui demandait si la meilleure façon de montrer qu’il rompait vraiment avec la Françafrique n’était pas d’annoncer un retrait total des troupes françaises basées sur le continent africain (soit près de 9 000 hommes dans huit pays), Nicolas Sarkozy a renvoyé au discours qu’il devait prononcer devant le Parlement sud-africain : il n’est pas question de lever la présence militaire française, ce qui, de fait, réduit sensiblement ses ambitions - résumées par « changer le mode des relations entre la France et l’Afrique si l’on veut regarder l’avenir ensemble ». Et s’il affirme que « la France n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique », certains commentateurs rappellent qu’il disait - pendant la campagne électorale - sensiblement la même chose à propos des troupes envoyées en Afghanistan, dont il vient de décider d’augmenter le nombre !

Il veut donc revoir les accords de défense passés, dont la plupart ont été signés au lendemain des indépendances, pour les adapter « aux réalités du temps présent ». Ce que Thabo Mbeki a perçu comme entrant « dans le processus de décolonisation ».

Sarkozy a compris que le rôle de la France de gendarme, avec képi et chicote, avait fait son temps et que pour tenir son rang il fallait offrir « une autre posture parce que notre engagement politique, militaire ou économique aux côtés de l’Afrique est perçu par beaucoup non comme une aide sincère mais comme une ingérence néocoloniale, mais où, dans le même temps, une indifférence, un retrait ou une absence d’engagement nous sont reprochés comme un abandon ou une ingratitude ».

Les mots ont leur valeur. Il n’y a pas une dénonciation de l’attitude française, juste un constat qui doit amener un changement mais toujours avec une présence. Et puis il y a l’esbroufe, comme le lancement d’une initiative de soutien à la croissance économique.

Soucieux d’éviter une levée de boucliers comme celle qui avait fait suite à son scandaleux discours de Dakar, et mis en confiance par la présence de Thabo Mbeki, seul président africain à l’avoir félicité, il s’est évertué à parler d’une Afrique « victime du mépris et du racisme », de la jeunesse du continent qui « éprouve le sentiment que la France se ferme à elle », ayant sans doute mal compris l’objet de l’immigration choisie.

Pour le reste, Nicolas - Sarkozy cherche désespérément à entrer dans l’histoire africaine (contrairement à « l’homme africain », si l’on se réfère à son discours de Dakar), comme de Gaulle à Brazzaville en 1944 ou Mitterrand à La Baule en 1990. Et comme sa version moderne de la Françafrique pouvait n’être pas suffisante, il a mis en scène son épouse, Carla, dont la rondeur supposée du ventre alimentait les discussions de la presse française à l’heure de l’apéritif.

Pierre Barbancey



En juin 1986, à la fête de l'Humanité 33, l'invité d'honneur était Solly Smith, représentant de l'ANC en Europemandela.4.08.jpg
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