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Vincent MAURIN

interview

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ZEP, RRS, RAR... pas très CLAIR !

J'ai été interrogé, en tant que Directeur d'école, par une journaliste de la revue "Education magazine", qui livre dans le n°8, un dossier de 8 pages sur les ZEP...
extraits:

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Réponses aux questions des internautes...

Voici l'intégralité de l'heure de tchat accordée par Sud Ouest le 9 novembre.... et l'article du journal du 10 novembre...
Je reviendrai prochainement sur le sens de ma candidature à BxSud, qui, je le sais, trouble, inquiète, intéresse ou ravit...

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Bordeaux-nord convoité...

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La biennale d'architecture Agora, les 7,8,9 mai dernier, a permis à de nombreux habitants de Bordeaux et CUB de découvrir les Bassins à flot.
Site qui fait l'objet d'un vaste projet piloté par Nicolas Michelin.
Voici les réponses aux questions posées par un collaborateur du service aménagement de la Ville:

1) En tant que directeur d’école quel regard portez-vous sur le paysage économique et social de Bacalan aujourd’hui ? sur la vitalité culturelle du quartier ?

Bacalan fait partie des 7 quartiers prioritaires de Bordeaux au titre de la politique de la ville. Ce classement est justifié, selon moi, par trois indicateurs principaux: le taux de chômage deux fois supérieur au taux moyen de la ville, la forte présence de deux communautés de gens du voyage paupérisées et un échec scolaire lourd pour une partie des élèves. Bacalan garde toutefois ses traditions d’engagements associatifs et politiques. Au plan culturel, il y a un réel bouillonnement militant. « Mascaret » incarne cette recherche de culture partagée.

2) Comment avez-vous vécu l’évolution économique de Bacalan, marquée par une vague de désindustrialisation ?
Les années 80 furent terribles pour Bacalan. Je me souviens de la mobilisation de tout le quartier contre la fermeture de la raffinerie de sucre rue Achard en 1984. A cette époque, au plan national, comme local, tous les responsables politiques, à part les communistes, se résignaient à la désindustrialisation. La rue « bleue » de Bacalan (rue Achard, couleur des bleus de travail des ouvriers du port, des docks, de la raffinerie, des tabacs, des chais, de la métallurgie) n’était plus que nostalgie. Aujourd’hui, les implantations de bureaux ne répondent pas au besoin de travail de la majorité des jeunes du quartier. Je le regrette.

3) Parlez-nous de votre attachement à ce quartier.

J’ai la chance d’habiter, de travailler et de militer à Bacalan. Mon fils est à l’école Charles Martin, son frère et sa sœur ont fréquenté Achard et Blanqui. Je m’y sens bien. C’est un « vrai » quartier. Les gens se connaissent. Il y a une vie associative riche. Des équipements acquis de haute lutte, comme la salle polyvalente Pierre Tachou. De la solidarité. Un esprit rebelle et anticonformiste qui n’est pas étranger à mon élection comme élu communiste à la Mairie. Et en même temps, plein de défis à relever… pour la réussite scolaire, l’accès au logement, l’emploi, les services publics… Pas le temps de s’ennuyer !

4) Comment imaginez-vous le Bacalan de demain ?

Il sera un compromis entre visées d’experts, appétit des promoteurs, pragmatisme des politiques et mobilisations citoyennes. Pour avoir refusé de voter le projet Grumbach condamnant la grande écluse des Bassins à flot et mené la bataille publique pour la desserte de Bacalan par le tramway, j’ai plus confiance au « génie » citoyen qu’au concept bobo de défense du « génie » du lieu (d’ailleurs dans le cahier des charges des projets). Demain, l’enjeu pour Bacalan sera sa capacité à résister ou pas à une urbanisation « excluante ». Il faut que les enfants du quartier puissent demain habiter à Bacalan !

5) Qu’attendez-vous du projet d’aménagement de Nicolas Michelin ?

Une vraie mixité économique et sociale. Par des Bassins mieux intégrés au port, animés par des bateaux et de la réparation navale plus que par des guinguettes. La modernisation de l’usine Lesieur. Des logements accessibles à tous, et donc du logement locatif à loyer modéré à parité avec le logement privé. La desserte par tram-train de la rue Lucien Faure vers St Louis et Cenon. Des services petite enfance, scolaires, vie associative adaptés aux 5400 logements. Bref, un concept de quartier « durable », non pas seulement par les innovations de protection environnementale, mais par un nouveau label de « quartier pour tous ». Lieu « génial » ? Faisons tout pour !

Vincent Maurin

 

lu dans l'Humanité du 13.12.07

Bordeaux à la recherche d’un nouveau souffle Municipales . Après l’échec cinglant des législatives, Alain Juppé reçoit le soutien du Modem. À gauche, le socialiste Alain Rousset attend janvier pour présenter sa liste. Bordeaux,
correspondant régional.

Alors qu’elle dirige la municipalité depuis soixante ans, la droite bordelaise est aujourd’hui sérieusement menacée dans sa suprématie sur le palais Rohan. Maire de la capitale girondine de 1995 à décembre 2004, réélu en octobre 2006, Alain Juppé a perdu en juin dernier tout autant son siège de député de la Gironde que le poste de numéro 2 du gouvernement. Trop sûr d’une notoriété considérée comme immuable dans cette ville acquise pendant près de cinq décennies au système Chaban-Delmas, n’a-t-il pas sous-estimé quelques sévères avertissements reçus dans la dernière période, et minimisé des changements sociologiques survenus dans la cité ? Lors de la municipale partielle d’octobre 2006, la moitié du corps électoral a boudé les urnes. Pour le deuxième tour de la récente présidentielle, l’ensemble de la gauche a pris nettement le dessus à Bordeaux en flirtant avec le score de 55 % des voix, regroupées sur la candidate Ségolène Royal.

Pour les élections de mars prochain, Alain Juppé brigue de nouveau le mandat de maire, en assurant dans sa déclaration de candidature qu’il a « bien entendu » le message. « Notre ville mérite un maire à plein temps, je n’exercerai aucun autre mandat », écrit-il, tout en s’engageant à proposer une liste « renouvelée ». À gauche, les socialistes ont désigné le président du conseil régional d’Aquitaine et député de Gironde, Alain Rousset, pour partir à la conquête de la municipalité. Avec quelle liste et pour quel rassemblement ? « C’est en janvier que la liste sera présentée. Pour l’instant, et en priorité sur les négociations d’appareils, Alain Rousset souhaite avancer sur les compétences et l’ouverture à des personnalités », explique son directeur de campagne Étienne Parin, qui estime que « si nous partons des politiques, nous limiterons l’ouverture ». Conseillère municipale communiste sortante, Claude Mellier se refuse à opposer politique et ouverture. « Si les personnalités apportent des sensibilités et des compétences, les partis politiques, éléments de la démocratie, sont porteurs de convictions et de choix de société. » Chef de file des communistes pour les municipales à venir, également conseiller sortant, Vincent Maurin souligne le besoin de rassemblement de toute la gauche bordelaise (PS, PCF, Verts, personnalités…) pour mettre en échec Alain Juppé : « Si l’on veut que l’électorat le plus populaire et celui des cantons de gauche se mobilisent, il est indispensable qu’ils se retrouvent dans la constitution et l’expression de la liste à gauche. »

À Bordeaux, où François Bayrou a atteint avec 22 %

un score au-dessus de sa moyenne nationale, l’électorat du Modem, qui semble s’être reporté au second tour à part égale sur Royal ou sur Sarkozy, est devenu l’objet de toutes les convoitises. Alain Juppé comme Alain Rousset ne se sont guère privés pour lancer des appels du pied en direction d’élus membres de la formation bayrouiste. Or, à la fin novembre les responsables girondins et nationaux du Modem ont confirmé une alliance électorale avec Alain Juppé, faisant ainsi de Bordeaux la seule métropole régionale où devrait être scellé un accord UMP-Modem.

La « belle endormie », cité récemment classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est devenue bien plus remuante. Avec la Communauté urbaine (CUB), elle s’est équipée du tramway. Depuis l’épo- que Chaban, près de 30 000 habitants supplémentaires ont trouvé place dans la ville, marquée à la fois par un vieillissement de la population et par l’arrivée de ménages avec enfants ayant tout autant besoin les uns que les autres de nombreux nouveaux services. Dans Sociologie de Bordeaux (1), les auteurs notent que si les bordelais vivent « globalement mieux » que la moyenne nationale, ils sont « aussi plus souvent bénéficiaires du RMI » ou « dépendants » des revenus de la CAF (27 %). Et de constater aussi qu’un « nouvel esprit de la démocratie plane sur la ville ». (1) Auteur collectif sous le nom d’Émile Victoire. Collection « Repères », Éditions La Découverte, Paris, 2007.

Alain Raynal

 

cours Victor Hugo

Le 15 novembre dernier, comme d'autres candidats aux élections municipales, j'étais interviewé par des étudiants en journalisme, pour un site ouvert à l'occasion de la rénovation du cours.%%%
 

culture à Bacalan

Le journal de quartier "Bacalan" publie ce mois-ci un dossier sur la culture. En février dernier, dans le cadre de la mobilisation en faveur du théâtre du Pont Tournant, il m'avait interrogé. Il publie des extraits de mon interview. La voici dans son intégralité:

salle Point du jour -Pierre Tachou

Du Théâtre et du Cinéma pour les Bacalanais !

• Faire vivre les outils culturels existants (et à venir)

Le Théâtre du Pont Tournant est menacé, il faut le sauver ! - Les subventions publiques doivent passer de 70 000 € à 160 000 € par an (40 000 € pour chacune des 4 instances : Etat, Mairie, Conseil Général, Conseil Régional). – La Ville de Bordeaux consacre d'importants moyens pour financer des structures prestigieuses comme l'Opéra ou le TNBA, et c'est bien... à condition qu’elle aide aussi les lieux décentralisés dans les quartiers défavorisés... qu’elle tende vers plus d'équité entre subventionnés... qu’elle se batte pour que l'Etat assume mieux ses responsabilités dans ses compétences (Opéra, Conservatoire, TNBA...) – De plus, la Ville et le Conseil Général devraient promouvoir dans ce théâtre l'exercice d'une tarification adaptée aux plus petits budgets.

Les Associations constatent la diminution de leurs aides publiques, sur fond de difficultés nouvelles des collectivités locales, suite à des transferts de charges de l'Etat et un désengagement progressif: c'est injuste... car c’est la fiscalité locale qui est mise toujours plus à contribution… Certaines, l'Amicale Laïque notamment, ont du mal à payer leurs salariés et sont parfois obligés de réduire les prestations aux adhérents ou empêchés d'en promouvoir de nouvelles, surtout dans le champ culturel. Le « Salon du Lire » et « les 3 jours en Octobre » de Bacalan sont frappés par ces restrictions. Il faut, au contraire, davantage aider ces associations, « poumons » d'un quartier, espaces de liberté et de citoyenneté.

La Salle Polyvalente doit d'emblée devenir le lieu emblématique de la vie culturelle du quartier... en facilitant l'expression des associations du quartier... en accueillant des initiatives culturelles décentralisées (du Conservatoire ou de l’Opéra notamment) avec une politique volontariste en direction des enfants les plus défavorisés ! Cette salle doit faire renaître un cinéma de quartier ! Je propose qu'on engage un partenariat avec le cinéma Jean Vigo ou l'Utopia pour des projections décentralisées de films sur des thématiques concertées avec les associations du quartier, avec des fréquences progressives : du « film du mois » vers le « mois du film » par exemple.

• Aider les bacalanais à investir les lieux culturels du centre-ville

– Obtenir chaque mois, au départ de Bacalan, un bus municipal pour la visite des musées de la ville. – Définir avec la Ville, l'Opéra et le TNBA (prioritairement) une politique de mise à disposition de places (à prix symbolique) pour des spectacles au Grand Théâtre, au Palais des Sports ou au théâtre du Port de la Lune et aider les associations à organiser les déplacements des familles les plus démunies. – Rendre les classes de nos écoles ZEP, prioritaires pour les spectacles « scolaires » des structures précitées. Mobiliser les associations qui ont la charge de l’accompagnement à la scolarité, ainsi que le dispositif « école ouverte » du collège pour investir ces lieux (lors des concerts et théâtre « jeune public ») en soirées ou vacances.

Vincent MAURIN Conseiller Municipal de Bordeaux Conseiller Communautaire Groupe Communiste

 

urbanisme, logement, projets... Bordeaux doit sortir de sa vitrine !

interview extraite du journal des communistes de Bordeaux (décembre 2007 page 4)

Vous êtes élu à Bordeaux et à la CUB depuis 2001, quel bilan tirez-vous de votre action ?

Je pense avoir rempli mon rôle d’élu local. Les combats que j’ai mené avec mes collègues CUB en faveur du plan d’urgence pour le logement social, la gestion des parkings en Régie publique, la renégociation du traité de concession de l’eau, la réussite du tramway, la défense du service public communautaire ou de l’emploi à Sogerma, Ford… furent des moments marquants du rôle que peuvent jouer des élus communistes dans une institution comme la CUB. A Bordeaux, grâce à l’expérience et la pugnacité de Claude Mellier, nous avons su porter dans le Conseil municipal des questions posées par des mobilisations d’habitants et salariés. Tant sur les enjeux du développement économique, des crèches, de la restauration scolaire, de la précarité dans l’emploi municipal, de la culture, des personnes âgées, de la démocratie… A titre personnel, j’ai la fierté d’avoir agi et fait gagner en particulier sur deux sujets qui me tiennent à cœur : à la CUB, pour l’arrivée du tramway à Bacalan, au moment où certains au PS, à droite et à la chambre de commerce s’apprêtaient à le sacrifier ! A la mairie, pour que la salle polyvalente de Bacalan porte le nom de Pierre Tachou, figure associative du quartier et militant communiste.

Le logement est une des préoccupations première des Bordelais(es), peut-on faire mieux ?

Oui… et surtout plus ! Notamment dans le logement social où 12000 demandeurs attendent. Pour que Bordeaux respecte la loi SRU (solidarité renouvellement urbain) il faut produire 6856 logements conventionnés de plus ! La CUB vient de fixer l’objectif réévalué de 576 logements sociaux à construire par an sur Bordeaux. C’est dire le retard de la ville et l’urgence de mettre les bouchées double, notamment pour les plus démunis ! Dans les quartiers de renouvellement urbains bien sûr où je propose d’atteindre 40% de logements conventionnés, au Lac, Belcier, La Bastide, Bassins à flots mais aussi dans les « beaux » quartiers qui n’ont quasiment pas de logements sociaux où je propose d’imposer 50 % de logements conventionnés dans toutes nouvelles opérations. Comme je dis souvent, la mixité sociale ce n’est pas seulement ouvrir les quartiers ouvriers aux bobos, c’est aussi permettre aux plus pauvres d’habiter des quartiers riches (…et aux pauvres de ces quartiers de pouvoir y rester)! Et arrêtons de privilégier le logement défiscalisé « De Robien » (la moitié des constructions en 2005 !). Je rappelle que nous sommes sur un fond de désengagement de l’Etat qui consacre 70% de ses aides au privé. Enfin, il faut enrayer les hausses de loyers et charges qui ruinent les ménages !

Le Maire communique beaucoup sur le Bordeaux qui « bouge » au plan de l’urbanisme. Quel regard portez-vous sur les réalisations et projets en cours ?

D’abord, je souligne que les grands aménagements de la ville sont liés en grande partie au tramway et aux ZAC (zones d’aménagement concerté) qui sont des réalisations financées par la CUB. Les opérations des Quais, Chapeau rouge, Victor Hugo, Bastide 1, Bonnac, ex Hôpital des enfants, Chartrons… ont été votées à la quasi unanimité des élus CUB. Certaines sous la présidence Juppé, d’autres sous la présidence Rousset, toutes avec le principe défendu par les élus communistes de la recherche de l’intérêt général. Idem pour le Pont Bacalan-Bastide. Mais je pense qu’on aurait pu mieux faire dans les contenus : j’ai regretté par exemple qu’on ne diversifie pas l’activité économique dédiée aux hangars des quais (trop commerçante selon moi) et que le Maire n’ose pas y implanter là une structure culturelle. Je n’adhère pas au « bilan globalement positif » de Bastide 1 quand le logement social atteint à peine 10%. Je déplore la hausse galopante des prix du foncier sur le parcours du tram et la profusion des agences bancaires à la place des petits commerces. Quant aux projets, les communistes se sont déjà exprimés. Nous contestons la notion de « quartier d’affaires » pour St Jean-Belcier et demandons de ne pas sacrifier les infrastructures SNCF pour le développement durable. Bastide 2 doit compenser l’absence de logements sociaux de Bastide 1, je propose de réserver du foncier pour l’activité économique dans le secteur « Soferti » et sur le parc des berges, j’ai demandé au Maire d’étudier la possibilité d’un parc ludo-sportif, style La Villette. Quant aux bassins à flots, nous fûmes les premiers à contester le projet « Grumbach ». Il faut plus d’ambition pour ce site unique qu’une banale marina. Le PAB dit qu’il n’est pas exclu de rouvrir une forme de radoub pour réparer leurs bateaux… fonçons ! Oui la sauvegarde de la grande écluse offre l’opportunité de maintenance et réparation navale dans le bassin n°1 ! Oui il faut profiter de la proximité de la SAFT pour réfléchir à la propulsion électrique. Enfin, ce secteur nord qui va fortement s’urbaniser, a besoin de modes de déplacements complémentaires, notamment avec le tram-train et la ligne de ceinture SNCF.

Le Bordeaux de demain pour vous ?

Au conseil municipal du 26 novembre, nous avions une délibération anodine qui autorisait La Poste à créer deux timbres illustrant Bordeaux: un avec le miroir d’eau, l’autre avec la grille du jardin public. Quelle tristesse ! Voyez-vous, c’est cette image de Bordeaux qu’il faut dépasser ! La ville a besoin de souffle, de projets innovants dans tous les domaines, économiques, culturels, sociaux. Une ville qui reconquiert son fleuve, qui ose l’art contemporain, qui mise sur sa jeunesse, qui prend des risques et investit pour les services… On compare souvent notre cité aux « concurrentes » Nantes, Bilbao, Toulouse… 3 villes projetées vers l’avenir. Bordeaux doit franchir ses façades et dépoussiérer son image bourgeoise… Le Bordeaux pour tous est à construire. Bordeaux doit sortir de sa vitrine !
Avec Josette Tylipski et Albert Garcia devant le sleepway du PAB à Bacalan